# Retour d’expérience : travailler depuis l’autre bout du monde

> Télétravailler depuis le Vietnam : retour d’expérience concret pour concilier travail, décalage horaire et découverte sans perdre en efficacité.

Date: 2026-04-16
Authors: Paul Smacque
Tags: temoignage

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L’année dernière, j’ai eu l’opportunité de partir deux semaines au Vietnam dans un cadre privé. L’idée n’était pas de prendre des vacances mais bien de télétravailler depuis l’étranger, avec une organisation pensée pour rester aligné avec mon équipe et avec mon entreprise en France.

Mon objectif était simple : voir s’il était possible de concilier travail efficace, décalage horaire et découverte d’un pays, sans sacrifier la qualité des échanges et du travail, ni le plaisir d'être sur place.

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## Décalage horaire : le vrai défi

La première chose évidente à prendre en compte dans ce genre de projet, c’est le décalage horaire, dans mon cas il y avait 6 heures. Il faut donc réfléchir à aménager ses journées et ses horaires de travail pour essayer d’être le plus possible synchronisé avec son équipe en France.

Au Vietnam, je travaillais de **13h à 20h**.  
Cela correspond à **7h - 14h en France**, ce qui permettait :

- d’avoir **2h de focus seul**, l’équipe française commençant à 9h
- d’avoir **5h en commun** avec mon équipe de travail
- d’assister aux **réunions importantes**
- de profiter du **matin et du soir pour visiter**

Par chance, mes réunions importantes étaient toutes le matin, je n’ai donc pas eu d'aménagement particulier à faire à ce niveau-là. Mais c’est un point essentiel à anticiper :

- Avez-vous des réunions à des horaires contraignants ?
- Sont-elles obligatoires ?
- Sont-elles adaptables ? Ou est-ce à vous d'aménager votre emploi du temps ?

> Exemple : une réunion à 15h en France correspond à 21h au Vietnam.

On peut imaginer qu’une réunion avec trois ou quatre collaborateurs peut être replanifiée exceptionnellement, alors qu’une guilde mobilisant des dizaines de personnes non.

### Les 2 heures seul : contrainte ou opportunité ?

Les 2 heures seul en début de journée peuvent apparaître comme une contrainte, mais c’était en réalité **un atout majeur** pour moi.

Bien sûr, cela me permettait de **rester concentré** pendant une longue plage horaire et de faire avancer mes sujets, mais il y avait d’autres avantages.

Les POs du projet avaient tendance à commencer leur journée plus tôt que l’équipe de développement. Cette plage de 2 heures me permettait donc d’**échanger beaucoup plus facilement** avec eux, avant qu’ils ne soient débordés.

Un autre aspect positif était ma **disponibilité**. À l’époque, nous venions de mettre en production l’application, nous étions donc dans une période de stabilisation. Savoir que j’étais connecté dès 7h et disponible pour corriger des retours ou des situations d’urgence rassurait l’équipe.

Cependant, cet avantage demande de l’**anticipation**. Si je me retrouvais bloqué dès le début de ma journée, je devais attendre 2 heures avant de pouvoir solliciter quelqu’un.

👉 Tous les jours, avant de partir, je faisais donc une rapide analyse pour m’assurer d’avoir tout ce qu’il me fallait pour le lendemain.

### Une journée bien structurée

Ainsi, mes journées s’organisaient de la manière suivante :

- **Matin** : visites, découvertes et déjeuner
- **13h - 20h** : travail
- **Soirée** : restaurants et balades

Je respectais mes 7 heures de travail par jour, sans pour autant délaisser l’aspect touristique.

👉 Ce n’était pas du “travail entre deux visites”, mais une vraie **journée structurée**.

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## Matériel et conditions de travail

### D’un hôtel à un restaurant en bord de mer

Pour rester fiable à distance, il faut anticiper deux choses : une **connexion**… et un **plan B**.

Concrètement ça veut dire :

- Sélectionner des hôtels avec **Wi-Fi**
- Acheter une carte SIM vietnamienne avec **4G illimitée** (facile à obtenir et avec une excellente couverture)

Ainsi, je pouvais passer en partage de connexion si le Wi-Fi faiblissait.

Cela peut paraître évident, mais c’est un point important à étudier pour être sûr de ne manquer aucune réunion et vous éviter l’anxiété de la coupure internet.

Sans oublier la liberté qu’offre l’assurance d’une connexion stable, vous pourriez même finir par travailler dans un restaurant au bord de la mer… 👀

### Qu’est-ce qu’on emmène ?

Le matériel est un point clé, mais en avion on ne peut pas tout emporter. Chaque gramme compte, donc plus que jamais je me suis demandé : **de quoi ai-je VRAIMENT besoin ?**

Voici ce que j’ai emmené :

- **PC portable et son chargeur** - évidemment
- **Une souris sans fil légère** - j’ai pris l’habitude de travailler à la souris
- **Un hub** - plus petit que celui que j’utilise d’habitude
- **Un casque compact avec réduction de bruit** - pratique pour travailler dans des lieux bruyants et rester focus
- **Un sac adapté** - on n’y pense pas tout de suite mais réfléchir au soin du matériel et à son propre confort est important

Cette liste reflète ce dont j’ai **personnellement** besoin pour travailler, mais en fonction de **votre ordinateur** ou de **vos habitudes**, elle peut varier : peut-être que vous ne prendriez pas de souris ou de hub, peut-être que vous prendriez un écran portable en plus, bref tout est possible.

👉 Le plus important : **ne partez pas chargé, partez optimisé.** Chaque objet doit avoir une utilité réelle et régulière, pas juste être là “au cas où”.

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## Travailler seul… mais en équipe

On a vu le décalage horaire, on a vu le matériel et les conditions de travail, mais il reste un point important : votre équipe. Parce que oui, vous êtes seul à l’autre bout du monde mais il faut continuer à faire avancer le projet collectivement. Alors, comment on fait ?

Déjà il faut anticiper la distance. Dans mon cas, j'avais déjà une partie de mon équipe qui travaillait depuis le Maroc, donc nous avions pris l’habitude et mis en place les process pour travailler avec des gens sans être dans les mêmes bureaux.
La distance n’a donc pas été un défi à relever pour moi, mais c’est une composante à prendre en compte en fonction de votre situation.

Le vrai enjeu pour moi c’était le décalage horaire.
Et le point le plus important pour que tout se passe au mieux, c’est la **communication**.

Voici quelques exemples de choses que j’ai mis en place :

- Annoncer clairement mes **horaires de travail** (locales et françaises)
- Mettre tous les jours un message pour dire “**Bonjour**” quand je commence à travailler
- Et mettre un message pour dire “**Au revoir**” quand j’arrête de travailler
- Renseigner mon **agenda** pour éviter les surprises
- Caler les **réunions** dans les fenêtres communes
- Basculer sur un mode **communication asynchrone** sur certains sujets

🎯 Objectif : être **loin géographiquement**, mais rester **proche de l’équipe**.

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## Une bonne expérience ?

Une telle expérience met en lumière de nombreux points positifs :

- De **longues plages de travail** concentré où j’ai pu faire avancer mes sujets
- Une **motivation “naturelle”** liée au changement d’environnement
- Un **vrai équilibre** entre tourisme le matin et travail l’après-midi
- Entretenir une **discipline** et une **rigueur personnelle**

Mais il ne faut pas tout idéaliser non plus :

- La **fatigue** liée au décalage horaire et au rythme soutenu des journées
- L’**envie de tout faire** (notamment en termes de visites), il faut savoir aussi se reposer pour ne pas craquer
- Une **logistique permanente** à gérer
- Besoin d’une grande **auto-discipline**

👉 En réalité, tout repose sur un **état d’esprit** : ce n’est pas du “travail en vacances”, c’est du **travail dans un autre cadre**.

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## Bilan et conseils

Même si l’expérience a été fatigante, elle reste extrêmement positive. Elle m’a permis de : découvrir un pays, continuer à travailler efficacement et me prouver ma capacité d’adaptation et mon auto-discipline.

👉 Je recommande vivement l’expérience.

Mais, vous l’aurez compris, tout cela ne se fait pas sans réflexion et anticipation. Voici donc, selon moi, les **conseils les plus importants à retenir** :

- Vérifier et cadrer l’accord organisationnel avec votre entreprise
- Prendre une carte SIM avec 4G illimitée pour éviter tout problème
- Définir des horaires de travail fixes et les respecter
- Réduire son matériel au strict nécessaire
- Investir dans un bon casque compact à réduction de bruit
- Penser son sac à dos comme un bureau portable
- Ne pas hésiter à poser quelques jours de congés pour profiter pleinement

Travailler à l’autre bout du monde sans perdre en efficacité, **c’est possible**.

Et surtout : **je le referai.**